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“Appel à contribution pour le numéro 11 de la revue Asinag pourtant sur “Le multilinguisme en Afrique du Nord à travers l’histoire

Le multilinguisme en Afrique du Nord à travers l’histoire

Le multilinguisme a profondément marqué l’histoire de l’Afrique du Nord, bien que sous des formes qui diffèrent suivant les périodes historiques. Un bref aperçu sur l’histoire de cet espace nous permet de constater que la langue amazighe (appelée le libyque pour l’époque antique et al barbariya dans la terminologie arabe au Moyen Âge) dominait le paysage linguistique, comme l’attestent les documents pharaoniques depuis, au moins, le début du deuxième millénaire avant JC. 

Depuis le premier millénaire avant JC, ce paysage commence à connaître des mutations successives. L’installation des Phéniciens en Afrique du Nord et l’ascension de Carthage en tant que puissance au sud du pourtour méditerranéen ont frayé la voie à la pénétration de la langue phénicienne. Seulement, celle-ci a rapidement connu des développements qui ont permis l’émergence (vers le Vème siècle avant JC) du punique que certains ont qualifié de langue africaine. Au cours du VIIème siècle antérieur à l’ère chrétienne, des migrations de la Grèce vers les côtes libyennes actuelles ont conduit à l’apparition de colonies grecques qui, durant plusieurs siècles, avaient conservé leur langue d’origine : le grec. Ces migrations collectives ont donné naissance à de petits “îlots linguistiques” dans l’espace méditerranéen libyque (amazighe), lesquels avaient des rapports avec les populations locales avoisinantes ; d’où la situation d’interactions entre l’amazighe ancien et ces deux langues exogènes. 

De par le changement des rapports de force dans le bassin méditerranéen et la soumission de l’Afrique du Nord à la colonisation romaine, le latin s’est progressivement propagé dans l’aire nord-africaine, aidé en cela par son statut de langue liturgique qui a, à son tour, connu une expansion remarquable tout au long de ce bassin. De nouveau, et de façon inédite, le paysage linguistique sera bouleversé par la pénétration de l’islam au Maghreb dans la mesure où ce dernier a ouvert non seulement l’espace à la langue arabe en tant que langue de la nouvelle religion, mais aussi la voie aux migrations des tribus arabes vers cette région depuis le Vème siècle de l’hégire (XIème de l’ère chrétienne). Ainsi, démarra le processus de l’arabisation de l’Afrique du Nord, dont ont découlé “les dialectes maghrébins” : lieu de confluence de l’amazighe et de l’arabe et réservoir du legs linguistique antérieur à l’avènement de l’islam dans le nord de l’Afrique.

A cela s’ajoute le fait que le paysage linguistique en question a été influencé, quoique de manière superficielle, par les langues de la colonisation moderne et contemporaine : le turc, le français, l’espagnol et l’italien.

Généralement, on constate que le multilinguisme en Afrique du Nord a été régi au long de l’histoire sur deux plans : le plan sociétal, c’est-à-dire les manières dont les groupes humains géraient ce plurilinguisme dans tous les aspects de leur vie courante et le plan institutionnel, à savoir la façon par laquelle les institutions traitent cette réalité linguistique.

Il appert clairement que les modalités de gestion de la  réalité linguistique par le passé n’a plus de chance de pérennité, surtout devant la progression de la culture des droits linguistiques et culturels depuis la fin du siècle écoulé. Pour la gestion de ce multilinguisme selon les mécanismes de notre époque, certains Etats du Maghreb ont d’abord créé des institutions pour la promotion de leurs langues respectives et reconnu ensuite, dans leurs constitutions, la diversité linguistique. 

Face à ce nouveau contexte, il semble impossible d’explorer l’avenir du multilinguisme en Afrique du Nord sans une assimilation optimale de son passé et sans une compréhension profonde des mécanismes de sa gestion à travers l’histoire nord-africaine, que ce soit au niveau sociétal ou institutionnel. Si la recherche historique est invitée à appréhender ce domaine, en vue de tirer leçons et enseignements de l’expérience historique de cette région, les études linguistiques, anthropologiques, sociologiques et autres sont également indispensables pour enrichir et faire avancer le débat scientifique autour de l’avenir du multilinguisme au Maghreb.

Pour ce faire, nous proposons l’approche du multilinguisme et des problématiques de sa gestion en Afrique du Nord à travers les axes suivants :

– La situation linguistique en Afrique du Nord à travers les âges (l’Antiquité, le Moyen Âge, l’époque moderne et l’époque contemporaine).

– Fonctions des langues en Afrique du Nord à travers l’histoire : l’amazighe, le phénicien, le grec, le punique, l’hébreu, le latin, l’arabe…

– Contacts des langues en Afrique du Nord de l’Antiquité à nos jours. 

 

MODALITES DE SOUMISSION 

 

Langues de rédaction : l’amazighe, l’arabe, le français, l’anglais ou l’espagnol. 

 – L’article ne doit pas dépasser 14 pages, bibliographie comprise. Le guide de rédaction est disponible ici [le guide de rédaction].

 

 – L’article doit être accompagné d’un résumé  écrit dans une langue différente de celle de rédaction. Il ne devra pas dépasser 10 lignes, en Times New Roman 11, interligne simple.

 

Echéancier 

 

Les contributions seront envoyées, au plus tard, le 30 novembre 2014, par courrier électronique à asinag ou par courrier postal à l’adresse suivante: 

 

Revue Asinag, IRCAM, Avenue Allal El Fassi, Madinat Al Irfane, Hay Ryad, B.P. 2055 –Rabat – Maroc

Notification d’acceptation : le 31 décembre 2014.

 

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